mardi 25 janvier 2011

Tunisie : interview choc

On y est enfin, l'empereur est revenu de ses provinces périphériques, et pour vous montrer que cela le ravit, il vous gratifie d'une interview choc d'un membre éminent de l'armée tunisienne, qui comme chacun sait, est la véritable renverseuse du dictateur tunisien.


"Alors, général Mistoufle, ce coup d'Etat des jasmins ?

- Ah, écoute mon ami, voici la poésie:
Pour mon armée, pas de crédits ?
Je benne Ali !"

lundi 15 novembre 2010

La loi juste mais dure du marché : cent balles, et surtout un Mars

Aujourd'hui, l'empereur vend sa bagnole. 
Profitons-en pour parler de la loi juste et invisible du marché dur.
"Dis Constantin, c'est quoi le marché ?
 - C'est un endroit où tu croises des cons qui vendent de la merde au prix de l'or, et des abrutis qui veulent de l'or au prix de la merde.
 - Et alors, comment ça se passe ?
- Eh bien, dans l'optique idéale du pur marché débarrassé de toute contingence, les cons et les abrutis finissent par tomber d'accord sur un juste milieu : de la merde fourrée à l'or, avec une petite ristourne.
- Cent balles et un Mars alors ?

- Voilà."

mardi 2 novembre 2010

Devinette

Devinette : pourquoi, après le situationnisme, est-il difficile d'envisager sereinement la marine à voile ?






Parce que tout ça ne donne pas très envie de tirer Debord.

lundi 1 novembre 2010

Effroyable jeunesse

Conversation avec l'héritière du trône constantinien, 7 ans et 6 mois :
"Dis, tu as vu, dans Astrapi, il y a marqué "Avec Astrapi, croque la vie". Eh bien, il faut pas trop les écouter. Parce que si on la croque, après il restera plus rien  et elle sera finie. La vie."


jeudi 28 octobre 2010

Molex, l'aphorisme

Si on est à Molex à cinquante ans, on a maté sa vie.

Jacques Séguéla









En avant pour la méforme des meuh-traites...

mardi 26 octobre 2010

jeudi 21 octobre 2010

Parlons pognon : le retour de bubulle, ou le jus de la différence

-YO, merci à vous, divin empereur, d'accepter de nous lâcher une causerie économique ! Euh...il reste du mescal au congélo ?
-Je te rappelle que tu as tout torché la dernière fois, jeune. En plus les prix des matières premières ont augmenté.
-Ah, on va recauser inflation alors ? Je croyais qu'on devait parler des retraites...
-Alors primo, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent dans leur iGode MP3, deuxio ça va venir, et tertio je vais te parler de trucs intéressants. Bon, tu ne t'en rends peut-être pas trop compte pour l'instant, petit, mais le prix des matières premières explose.
-Ah ouais, c'est à cause de la sécheresse des blés russes qui a fait brûler Moscou ?
-Mais kilécon ! (bruit de taloche). Quand je te parle des matières premières, je te parle aussi des métaux précieux, par exemple. Ça se mange pas, ça. Non, ce qui fait péter le prix des matières premières (dont les céréales, en effet), c'est la spéculation. Des tas d'investisseurs aux cuisses plus ou moins propres, des hedge funds notamment, achètent en ce moment des tas de matières premières. D'où l'explosion de leurs prix.
-Mais pourquoi ils font ça ? Si tu me dis que la sécheresse des blés russes, c'était pour amuser la galerie, et que globalement on n'est pas (encore) en situation de pénurie mondiale sur la bouffe, et qu'en plus l'or, ça se mange pas sinon on chierait des lingots, pourquoi ils achètent trop cher tous ces trucs ?
-Ton objection n'est point sotte, djeune, mais tu n'as pas bien écouté. Je t'ai parlé de spéculation. La spéculation c'est un pari. Et comme tous les paris, genre "je bois trente bières d'affilée" ou "je vais montrer ma bite au jury", c'est un pari débile. La spéculation financière, c'est quand t'achètes un truc hors de prix, quel que soit ce truc, en pariant que tu vas le revendre hors de prix + 1. C'est le principe de toutes les bulles. Ça marche tant qu'il y a un couillon pour acheter.
-Et à la fin, le dernier couillon, il se retrouve niqué, hé hé !
-Non. A la fin, le dernier couillon, il repasse l'ardoise à l'Etat, c'est à dire au contribuable. Toi, quoi. Après, bien sûr, la bulle des matières premières (comme toutes les bulles) a certaines justifications au départ : dans un monde où on se chie en se demandant si le dollar fera un bon torche-cul d'ici quelques années, l'or et la bouffe présentent un certain intérêt. Mais le fond du problème, la raison réelle de la ruée sur ces matières premières, c'est précisément le dollar torche-cul : jeune, tu n'es pas sans savoir que les taux d'intérêt (le rendement) des obligations et autres placements pour pouilleux sont extrêmement bas. C'est une politique délibérée qui vise à dissuader les gens d'économiser, pour qu'ils dépensent leur pognon et relancent l'économie.
-Hé, ça a pas trop marché, hein ?
- Non, hein?  Les gens ne dépensent rien, de toutes façons, parce que les gens se chient (voir plus haut), et ils  n'ont pas totalement tort. Alors qu'est-ce qu'il reste ? La bourse, évidemment, plus personne n'en veut, en tous cas aux Etats-Unis, tu as toutes les chances de finir à poil avec une facture d'épilation à régler en prime. Du coup, il reste quoi ? L'immobilier? Ha ha ha tiens prends ça. Non, il reste les matières premières. Et voilà.
-Mais s'il n'y a pas de pognon, comment ils font pour investir, les hedge funds et les banques ?
-Toujours le principe du dollar torche-cul, petit (= les taux d'intérêt très bas). Ils empruntent à ces taux ridiculement grotesques, et ils les placent dans l'or "papier" ou les matières premières, qui rendent des taux bien plus élevés, et ils récoltent le jus de la différence. Ou alors, ils investissent dans du "sous-or", c'est à dire les monnaies des pays qui marchent pas trop mal parce qu'ils ONT des matières premières (Brésil, Canada, Australie...). C'est ce qu'on appelle le carry trade. Et ils récoltent le jus de la différence.
-C'est total la gerbe, alors ?
-Ah oui, total. 
-En même temps, c'est pas plus mal que pour une fois on investisse dans des trucs utiles, non?
- Putain, j'aurais mieux fait de racheter du mescal. Tu sais ce qui se passe quand il y a une bulle ?
-Ah ouèèeuh, ça y est : instabilité et puis krach.
-Exactement. Sauf que là on te parle de bouffe et de métaux, c'est à dire de sécurité alimentaire et industrielle. La famine dans le Tiers monde, et chez les pays riches, kikette pour ton Icrade, et le Shit Burger à douze euros. Ça te parle ? 
-Oups...ouais, mais s'il y a un krach ? Du coup le Shit Burger vaudra plus rien, hé hé ?
-S'il y a un krach, jeune, du coup les hedge funds et les banques spéculatives pourront mettre la main sur les ressources essentielles de l'humanité pour encore moins cher. Allez, je te laisse, c'est l'heure d'aller nourrir les poissons rouges. Et ne couine pas comme ça. Il doit rester une 33 export sous l'évier.